27/05/2026
Comme dans tous les domaines, il existe de bons et de mauvais éleveurs. Malheureusement, aujourd’hui, beaucoup trop de personnes mettent tous les professionnels dans le même panier sans faire la différence entre les passionnés qui travaillent avec sérieux et ceux qui ne voient les animaux que comme une source de profit.
Pourtant, derrière de nombreux élevages il y a des hommes et des femmes qui consacrent leur vie entière à leurs chiens, à la sélection, à la santé, au caractère et à l’amélioration des races. Être éleveur sélectionneur, ce n’est pas simplement faire naître des chiots. C’est travailler pendant des années, parfois toute une vie, pour préserver des lignées, améliorer la génétique, limiter les maladies, garantir des chiens équilibrés et bien dans leur tête. C’est aussi passer des nuits blanches, assumer des frais vétérinaires énormes, gérer des mises bas compliquées, perdre parfois des animaux auxquels on est profondément attaché, tout en continuant malgré les difficultés par passion et par amour des chiens.
Le véritable problème aujourd’hui vient surtout de l’industrialisation de l’élevage. Certaines structures possèdent des centaines, voire des milliers de reproducteurs. Dans ces systèmes, l’animal devient un numéro, une production, un rendement. Peu importe les belles façades ou les discours marketing, il est impossible d’offrir une vraie vie de famille, une socialisation correcte et une attention individuelle à autant de chiens. Ce type d’élevage intensif devrait être remis en question, voire interdit, car il est incompatible avec une véritable vision du bien-être animal.
Les futurs acheteurs ont aujourd’hui une responsabilité importante : celle de se renseigner avant d’acheter un chiot. Il faut apprendre à différencier un éleveur passionné d’un marchand de chiens. Un élevage sérieux prend le temps de sélectionner ses mariages, de tester ses reproducteurs, de socialiser les chiots, de suivre les familles après le départ et de produire peu mais correctement. À l’inverse, les structures qui multiplient les portées en permanence alimentent souvent un système où l’animal passe après la rentabilité.
Il faut aussi parler de la réalité que vivent les petites structures françaises. Les éleveurs responsables sont de plus en plus étouffés par des normes administratives et financières toujours plus lourdes. Beaucoup de réglementations sont pensées comme si tous les élevages étaient des usines, sans distinction entre un élevage familial de quelques chiens et des structures industrielles énormes. Résultat : les petits éleveurs passionnés se retrouvent asphyxiés par des coûts, des obligations et des contraintes parfois totalement déconnectés de la réalité du terrain et du bien-être animal.
À force de compliquer la vie des petites structures sérieuses, on risque de faire disparaître ceux qui travaillent correctement, au profit justement des grosses machines capables d’absorber ces contraintes financières. Pourtant, ce sont souvent les petits élevages passionnés qui garantissent le mieux le respect des chiens, la qualité du travail de sélection et le suivi des animaux tout au long de leur vie.
Le bien-être animal ne se résume pas à des normes sur le papier ou à des bâtiments aux apparences parfaites. Le bien-être animal, c’est du temps, de la présence, de la connaissance, de la passion et du respect pour chaque chien. Et cela, beaucoup de petits éleveurs le défendent chaque jour avec cœur, souvent dans l’ombre et sans reconnaissance.
Tout comme mon confrère le Dr Tancrede de Cryodog et bon nombre de spécialistes, nous soutenons nos éleveurs. Soyons solidaires et bienveillants !
Depuis plusieurs jours, les chiens de race et l’élevage canin occupent une place importante dans les débats médiatiques.
Comme vétérinaire, le Dr Xavier Lévy et l’équipe du CRECS considèrent évidemment que la santé, le bien-être et la qualité de vie des animaux doivent toujours rester la priorité absolue. Cela a toujours été notre boussole dans notre pratique quotidienne.
Oui, certaines dérives existent.
Oui, certaines pratiques doivent continuer à être dénoncées et combattues avec fermeté.
Mais réduire l’ensemble des éleveurs et de la cynophilie à quelques exemples extrêmes ou images choc serait profondément injuste pour tous ceux qui travaillent avec sérieux, compétence et éthique.
Chaque jour, nous accompagnons des éleveurs passionnés qui consacrent un temps immense, une énergie considérable et des investissements importants pour améliorer la santé et l’équilibre de leurs chiens génération après génération.
Un élevage responsable ne consiste pas simplement à “faire naître des chiots”.
C’est un travail de sélection complexe et exigeant : choisir les lignées avec rigueur, suivre les familles sur le long terme, parfois renoncer à certains reproducteurs pourtant prometteurs, réaliser des examens de dépistage, travailler le comportement et la socialisation, prévenir les maladies connues et chercher en permanence à améliorer la qualité de vie des générations futures.
Radiographies officielles de dysplasie, échographies cardiaques, examens ophtalmologiques, tests ADN et génétiques, évaluations respiratoires, suivi de reproduction, prévention médicale, alimentation de qualité, environnement adapté et socialisation précoce…
Dans de nombreux élevages sérieux, ces démarches font aujourd’hui partie intégrante d’un véritable travail de sélection raisonnée et responsable.
Il existe une différence immense entre : • un élevage passionné, réfléchi et éthique ;
• et une production opportuniste de chiots motivée uniquement par la mode ou la rentabilité.
Il est également important de rappeler que la responsabilité ne repose pas uniquement sur les éleveurs.
L’achat impulsif d’un chiot, souvent réalisé sans véritable réflexion sur des sites de petites annonces généralistes, participe malheureusement aussi à certaines dérives.
De nombreux vendeurs se présentent comme de simples particuliers ayant “une portée exceptionnelle à la maison”, alors qu’il s’agit parfois d’activités répétées sans véritable sélection sanitaire ni suivi sérieux des reproducteurs.
Choisir un chien devrait toujours impliquer de se renseigner sur la race, son tempérament, ses besoins, ses fragilités éventuelles et les tests de santé recommandés.
Rencontrer les chiens, échanger avec l’éleveur, comprendre les lignées et les conditions d’élevage sont des étapes essentielles d’une démarche responsable.
Oui, un chiot issu d’un élevage rigoureux peut avoir un coût plus élevé.
Mais ce coût reflète aussi des années de travail, d’investissement et de prévention consacrées à la santé physique et comportementale des chiens : dépistages, suivi vétérinaire, qualité de l’alimentation, sélection raisonnée, soins, socialisation et accompagnement des familles.
Opposer systématiquement bien-être animal et élevage est, selon nous, une erreur.
Lorsqu’il est pratiqué avec compétence, honnêteté et bienveillance, l’élevage responsable participe au contraire à préserver des chiens équilibrés, fonctionnels et en meilleure santé.
Au CRECS, nous sommes fiers de travailler chaque jour aux côtés d’éleveurs engagés qui ont à cœur de faire progresser leurs races avec sérieux et passion.
Parce qu’au-delà des polémiques, il ne faut pas oublier que derrière beaucoup de chiens bien dans leurs pattes se trouvent des années de sélection raisonnée, de suivi vétérinaire rigoureux et de travail discret mais essentiel.
Combattre les dérives est indispensable.
Mais cela ne doit pas conduire à jeter tous les éleveurs responsables “avec l’eau du bain”.
Soutenir une cynophilie responsable, ce n’est pas nier les problèmes.
C’est reconnaître et encourager ceux qui travaillent chaque jour pour les améliorer.
Une chanson pour vous !
🎵 Découvrez la chanson ici : 👉 https://youtu.be/L0U2_0IQSQs?is=jvb1gbmq_I1q0fGM