08/12/2023
Merci l'Hebdomadaire d'Armor.
Une histoire familiale
Régine et Jean-François Poligné nous disent au-revoir
L'histoire commence en 1955. André Fauvel, horloger de métier, fonde la bijouterie Fauvel au
cœur de Collinée. Régine, sa fille, et Jean-François Poligné, son mari, reprennent le flambeau
en 1985. « J'ai voulu poursuivre l'œuvre de toute une vie. Mon beau-père m'a transmis son
savoir-faire en horlogerie et photographie », explique Jean-François.
Régine a fondé son institut d'esthétique à côté de la bijouterie, puis à Lamballe. Elle est revenue
travailler à la bijouterie aux côtés de son mari il y a 6 ans.
Artisans et commerçants, ils proposent différents services, bijouterie, horlogerie, réparations,
cadeaux, photos. La bijouterie Fauvel-Poligné est une institution depuis plus de soixante-cinq
ans, une tradition familiale que Régine et Jean-François veulent perpétuer. Ils réservent pour
chacun de leurs clients un accueil bienveillant et chaleureux. Toujours à l'écoute et disponibles,
ils savent répondre aux besoins et aux désirs de leur clientèle.
Aujourd'hui, l'histoire se termine. Plus qu'un commerce qui ferme ses portes dans le bourg de
Collinée, c'est un service et un lieu de vie qui disparaissent.
Régine écrit à l'attention de ses clients : « Nous remercions chaleureusement notre clientèle
fidèle sans qui nous n'aurions pu mener à bien cette aventure. Merci pour ces moments
partagés, nous garderons le souvenir d'un relationnel qui ne peut exister que dans une
entreprise à taille humaine. Nous vous disons à bientôt, nous sommes encore à vos côtés
jusqu'au 31 décembre ».
Régine et Jean-François n'ont toujours pas trouvé de repreneurs pour leur commerce à ce jour.
Après avoir tenté de transmettre leur savoir-faire pour préserver la bijouterie, ils élargissent
leurs recherches à d'autres activités.
« C'est un pas de porte idéalement situé dans le bourg de Collinée, et il est vraiment dommage
que l'emplacement commercial disparaisse », explique Régine.
La fin de la bijouterie Fauvel-Poligné, tout comme la fin des commerces de proximité, est un
drame pour tous les acteurs de cette histoire. Un commerce « à taille humaine », selon les mots
de Régine, au cœur du Mené, ne devrait pas disparaître. C'est l'âme d'un commerce et d'un
bourg qui s'effondre. Les liens qui s'y sont tissés, eux, ne s'effaceront pas.
Comment expliquer qu'une telle aventure puisse ne pas se poursuivre ?