28/09/2026
MASQUE ET REFLET
Au Japon, pendant ma résidense à la Villa Kujoyama, pour accompagner mon exploration du bambou, j'ai exploré la sculpture du bois. J'ai notamment réalisé un masque de théâtre Nô avec Mitsué Nakamura dans son atelier au coeur de Kyoto. Je m'y rendais une journée par semaine quand le reste de mon emploi du temps me le permettait, pendant les 4 premiers mois. Apprentissage aussi de tenir la posture assise à genou, c'était une journée que je dévouais à mon bloc d'inoki. Mitsue et ses assistant.e.s m'ont expliqué et montré, comment réaliser toutes les étapes, avec soin et précision, patience et concentration. J'avais progressivement la sensation de donner vie à un morceau de bois. Mon sens du toucher était décuplé et cela me donnait l'impression que sous mes doigts, le bois devenait peau, et que l'expression du visage se formait. C'était très troublant. Nous sculptions chacun.es notre masque, dans le silence, assis sur les tatamis. Ces rencontres et apprentissages m'ont fortement accompagné à m'imprégner de la culture du Japon traditionnel.
1. Au contre de mon atelier à Paris, le masque que j'ai sculpté à Kyoto.
2. Au 6e étage du MAD actuellement, dans la salle Trajectoires, la coiffeuse en bambou et céramique que j'ai dessiné à mon retour du Japon : Cérémonie du bijou, une micro-architecture de l'intime.
J'ai dessiné le miroir selon le gabarit du masque de théâtre Nô de Mitsue Nakamura. Pour sa forme qui permet de choisir si l'on veut se regarder, contrairement à une coiffeuse où c'est un face à face imposé, et pour parler de nos expressions faciales comme celles du masque Nô. Ce dernier est sculpté de façon à ce que selon l'éclairage et l'orientation, l'expression change.
3. Mitsue Nakamura et Shuji Nakagawa dans mon atelier en novembre dernier. Quelle joie de les accueillir à mon tour dans mon atelier à Paris grâce à l'institut français et la Villa Kujoyama.